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L’utilisation croissante des réseaux sociaux créé de nouvelles attentes chez l’internaute. Selon une récente étude Siemens – Yankee Group, 70% des consommateurs souhaiteraient interagir avec les marques sur les réseaux sociaux, mais seulement 30% d’entre elles y seraient prêtes. Comment expliquer que les internautes aient pris une telle avance sur les marques?
Pourquoi les entreprises rechignent-elles à utiliser un tel canal d’acquisition de clients? Dans cet article, je vous propose d’analyser le dilemme du réseau social auquel sont confrontées les entreprises.
1- Internet détrôné les médias traditionnels
Internet est devenu le média de référence vers lequel se tournent les consommateurs pour s’informer, donner leur avis sur les produits, etc. Cette tendance est soutenue par la croissance fulgurante des réseaus sociaux depuis plusieurs années. Selon les chiffres d’avril dernier, 57% des internautes français disposent d’un compte Facebook. Certains médias sociaux comme Twitter sont passé d’une cote de popularité de 5% à 87% de la population en seulement deux ans.
Depuis 2002, le nombre de personnes aux Etats-Unis qualifiant internet comme leur média “le plus essentiel” a doublé pour atteindre 42% de la population. Le web a même dépassé en 2010 la télévision qui a reculé à 37%. La presse et la radio ne sont plus qualifiées d’essentielles que par respectivement 14% et 5% de la population.
2- Les marques saisissent l’enjeu du Web 2.0
Les entreprises ont compris qu’elles devaient inclure les réseaux sociaux dans leurs stratégies de communication. Les e-commerçants sont les premiers à envahir les médias sociaux, avec 98% d’entre eux envisageant une communication sur Facebook cette année contre seulement 2% l’excluant catégoriquement.
Sur Twitter, 51% des utilisateurs déclarent suivre des marques, ce qui démontre la concordance entre réseaux sociaux et stratégie de communication. Les marques ayant fait le premier pas récoltent le fruit de leurs efforts: Starbucks, par exemple, vient de dépasser Lady Gaga sur Facebook avec 10 millions de fans.
3- Les entreprises craignent les réseaux sociaux
Perte de temps, baisse de la productivité, fuite d’informations… Une étude menée en 2009 montre que 45% des entreprises craignent de voir leurs employés diffuser des informations confidentielles via les réseaux sociaux comme Facebook, et 41% via les plateformes de micro-blogging comme Twitter. Une autre étude avance que les entreprises autorisant Facebook enregistrent une baisse de productivité de 1.5%.
Ces craintes ne se limitent pas à l’utilisation interne des réseaux sociaux. A l’heure où une vidéo douteuse décrédibilise une marque en quelques heures, comment ne pas être tenté de bloquer les accès Facebook, Twitter et Youtube dans l’entreprise? Au moment de lancer un compte corporate sur Facebook, comment ne pas penser aux dérapages incontrôlés, aux gaffes qui émaillent l’histoire des réseaux sociaux?
4- Les entreprises ne sont pas organisées pour le temps réel
Les entreprises souffrent d’une inadéquation avec le web en temps réel. Un service communication traditionnel est construit pour communiquer de façon asynchrone avec le consommateur, pas pour instaurer un dialogue en temps réel. Dans la plupart des entreprises, le service de communication travaille sur un message qui fait plusieurs aller-retours, est validé par un supérieur, corrigé par un prestataire, puis diffusé sur un site web, une plaquette, etc.
Même en accélérant ce processus, l’entreprise traditionnelle n’a pas les moyens de déployer une stratégie convaincante sur les médias sociaux. Pour se mettre au Web 2.0, elle doit accepter de perdre une partie du contrôle sur la communication afin de commencer un véritable dialogue avec son marché. Elle doit autoriser une partie de son équipe à communiquer de façon autonome avec les consommateurs.
5- Le dilemme du réseau social
Aux yeux des entreprises, les réseaux sociaux représentent une opportunité commerciale et une menace. L’entreprise est confronté au dilemme du réseau social: doit-elle se priver d’opportunités de communication en ne prenant aucun risque, ou tenter sa chance quitte à perdre le contrôle sur son message?
Une chose est sûre, l’entreprise doit donner suffisamment de liberté à la personne qui les représente sur les réseaux sociaux. Tout l’enjeu du community manager, dès lors, est de convaincre son entreprise qu’elle peut lui faire confiance pour communiquer en son nom sur le média le plus essentiels des consommateurs. C’est une grande responsabilité…
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Merci pour cet article très intéressant !
Effectivement, la question de la communication à l’ère du web 2.0 remet en question les systèmes traditionnels. La perte de contrôle de l’information (quand on n’a plus le temps de faire vérifier une position donnée par sa direction) est une prise de risque réelle.
En même temps, si une entreprise a des valeurs fortes et des salariés convaincus, fédérés par un dirigeant dont l’autorité s’appuie sur son comportement exemplaire, le travail d’un community manager sera grandement facilité puisqu’il n’y aura rien (ou presque) à “cacher” ou à maquiller.
Je crois qu’on retrouve ici un des aspects intéressants de l’internet du point de vue du consommateur et, plus généralement de la démocratie : les vertus de la transparence.
Cette vision peut paraître naive et pourtant, personnellement, je me sens tout à fait à l’aise à l’idée de défendre les positions de mon employeur, précisément parce qu’il possède cette qualité d’autorité issue à la fois de son expérience et de sa capacité à déléguer et responsabiliser.
Autrement dit, tout ceci risque d’avoir un impact fort, dans les années à venir, sur les méthodes de management. En tous cas je l’espère…
Posted on July 16, 2010 at 5:15 pm.
Bonjour Marie-Ange et merci pour votre commentaire. Je suis tout à fait d’accord avec votre point de vue mais le limiterais à certaines entreprises. Dans les entreprises prônant l’empowermemnt des employés, l’autonomie, j’imagine qu’il est aisé pour le community manager d’avoir toute la latitude nécessaire à son activités.
Toutefois, de nombreuses entreprises sont très rigides dans leur fonctionnement, très “top-down” (ok, j’arrête avec l’anglais…). Dans beaucoup d’entreprises, le travail des uns consiste à contrôler celui des autres, des systèmes de vérification sont mis en place, etc. Allez leur dire qu’une seule et même personne va prendre parole sur internet au nom de la marque…
Selon le mode de management de l’entreprise, une stratégie de communication sur les réseaux sociaux sera adaptée ou non. Voir comment se débrouille une entreprise sur Facebook est, dès lors, un bon indicateur de la façon dont elle perçoit ses équipes de travail.
Posted on July 16, 2010 at 5:22 pm.
Les entreprises devront tôt ou tard communiquer par le biais les réseaux sociaux alors autant le faire de façon ciblée. Par exemple, le site http://www.beboomer.com est un réseau social pour les plus de 45 ans, il est donc idéal pour une entreprise ciblant cette population !
Posted on July 19, 2010 at 3:13 pm.
Publicité en ligne: Facebook gère un quart des bandeaux aux US | Masculin Pluriel says:
[...] Avec près de 300 millions de bandeaux affichées aux Etats-Unis au troisième trimestre, Facebook est la première plateforme publicitaire sur internet. Du haut de ses 23% de parts de marché, Facebook devance largement Yahoo (141 millions d’impression, 11.1% de parts de marché), Microsoft (64 millions d’impression, 5.0% de parts de marché), Fox (48 millions d’impression, 3.8% de parts de marché) et Google (35 millions d’impression, 2.7% de parts de marché). La part de marché de Facebook a presque triplée depuis le troisième trimestre 2009 où elle était déjà de 9.2%, soit une progression annuelle de 13.9 points. Notons que si Facebook affiche énormément de publicités, le réseau social facture toujours moins cher ses bandeaux que la concurrence. [...]
Posted on November 16, 2010 at 2:56 pm.