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Google Android propose 60.000 applications à ses utilisateurs contre plus de 200.000 pour l’iPhone. Après avoir ouvert la publicité en ligne aux petits budgets, Google cherche désormais à inciter les néophytes à créer en quelques glisser-déposer leurs propres applications mobiles grâce au programme “App Inventor Beta”.
Le duel entre Google et Apple aura-t-il vraiment lieu sur les applications à faible notoriété? De son côté, Microsoft propose de payer les développeurs d’applications mobiles et de leur garantir un revenu plancher. Quel est le sens de cette course à l’application? Dans cet article, je vous propose d’analyser le véritable enjeu des applications mobiles pour Apple, Google et Microsoft.
1- Un monde de plus en plus mobile
2010 sera l’année où le cap des 5 milliards d’abonnements mobiles sera dépassé. Le Smartphone est désormais en concurrence frontale avec l’ordinateur sur de nombreux usages: surf sur internet, consultation d’e-mails, etc. Pourtant, toutes les opportunités de croissance sont encore à venir: seuls 21% des téléphones aux Etats-Unis sont des Smartphones.
En 2009, le marché mondial a vu un recul des ventes de PC fixes alors que celles de PC portables explosent: 60% des ordinateurs vendus en 2009 étaient des portables. Google, Apple et Microsoft l’ont bien compris: les opportunités de croissance à venir sont du côté de la téléphonie et de la mobilité.
2- L’enjeu des applications n’est pas financier
Pour une application iPhone vendue 1.49 dollars, 70% de la somme revient au développeur, 15% à la société de paiement en ligne, 1% aux frais de structure et 14% à Apple. Selon certaines estimations, l’App Store aurait contribué à hauteur de 189 millions de dollars aux profits d’Apple.
Ne soyons pas leurrés par les chiffres: cette somme ne représente que 1% du profit dégagé par Apple sur la même période, soit près de 34 milliards de dollars. L’iPhone, quant à lui, représente 40% du chiffre d’affaires d’Apple. Pour Apple, les applications ne sont pas un enjeu financier mais un enjeu stratégique.
3- Les applications sont une porte d’entrée
Pourquoi un constructeur informatique, un éditeur de logiciel, un moteur de recherche et un constructeur mobile se font-ils la guerre sur les applications? La raison est simple: les applications propres à chaque plateforme sont un critères de plus en pus important dans le choix du consommateur. Tout comme on choisit une console en fonction des jeux proposés, on choisit un smartphone selon les applications que l’on peut utiliser.
L’incapacité de Nokia à développer un vivier suffisant d’applications est l’une des raisons pour lesquelles la marque ne cesse de perdre du terrain sur les Smartphones, et ne serait plus recommandée que par 12% des consommateurs contre 70% pour l’iPhone. Dès lors, si Google veut vendre sa publicité mobile, Apple et RIM leurs Smartphones et Windows son OS mobile, il leur faut convaincre le plus de développeurs possibles de leur construire des applications.
4- Les développeurs sont volatiles
Une étude sur 2733 développeurs d’applications nous informe sur l’attractivité des plateformes mobiles: iPhone séduit 91% des programmeurs tandis que Android en séduit 81%. Loin d’être fidèles à une plateforme, les développeurs voient Apple comme le grand vainqueur sur le court-terme et estiment qu’Android sera une meilleure alternative à long terme.
En cette période où Android croque le marché à pleine dents, on comprend pourquoi les développeurs ont du mal à départager iPhone d’Android et sont donc attirés par les deux plateformes. Une chose est sûre: les chiffres nous montrent que les développeurs d’application n’hésiteront pas à se déporter vers la plateforme leur apportant le plus d’opportunités de diffusion de leur applications à l’avenir.
5- Microsoft et Blackberry tentent de rattraper leur retard
Si 80 à 90% des développeurs d’applications mobiles sont séduits à l’idée de développer sur les plateformes iPhone et Android, Blackberry et Windows 7 sont loin derrière en n’étant attractives que pour respectivement 34% et 27% des développeurs. La tendance est encore plus négative pour Microsoft qui perd peu à peu des points de parts de marché face à ses concurrents mobiles.
Pour rattraper son retard, Microsoft a décidé de rendre sa plateforme Windows Phone 7 plus attractive aux développeurs en les rémunérant pour chaque application produite. Produits gratuits, rémunération garantie si l’application ne se vend pas bien… Cela sera-t-il suffisant pour rattraper le retard accumulé?
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Te souviens-tu de cette fameuse vidéo de Steve Ballmer qui, pour accueillir les développeurs Windows à une conférence sur le sujet, criait en boucle, tout énervé qu’il était « developers! developers! developers! » ? C’est que le succès de Microsot n’est pas tant lié à la qualité de son système d’exploitation — sans vouloir lui chercher des poux dans la tête, ce n’est pas la question ici —, mais à la capacité de Microsoft à permettre aux développeurs tiers de développer des applications, d’une part, et à trouver un marché, d’autre part.
En matière de développement d’applications, je considère, pour avoir utilisé une bonne douzaine d’environnements de développement les plus divers pour des système d’exploitation des plus variés, que les outils de développement de Microsoft, Visual Studio en tête, sont de très loin, mais alors de trèèèèèèès loin, les meilleurs, et leurs API des plus efficaces et des mieux documentées, rendant le développement d’applications réellement efficace et ce quel que soit le langage, sous condition, bien entendu, de rester sous Windows (le gagne-pain principal de Microsoft). De plus, ces outils sont très bon marché (la série Visual Studio Express est gratuite et peut parfaitement être utilisée en environnement professionnel à but commercial) et en plus de la documentation, les ingénieurs de Microsoft ou certifiés Microsoft, sont faciles à trouver.
Pour ce qui est du marché, celui de Windows est énorme, en particulier dans le domaine du desktop professionnel et personnel (des centaines de millions de Windows avides d’applications à installer vendus chaque année) ou encore des consoles de jeux vidéo (outre que la Xbox 360 est basée sur un noyau Windows et dispose de DirectX, elle permet une distribution en magasin et en ligne), en plus de l’arrivée récente d’Azura, la solution cloud de Microsoft, qui essaye de rattraper son retard en matière de présence en ligne. En outre, même si la firme a pas mal perdu de parts de marché face à Apple, Microsoft est aussi toujours très présente sur mobile, et la visibilité des applications Windows est assez bonne, malgré leur nombre.
Comme tu le dis, il semble effectivement que les nouveaux venus, Apple en tête, aient compris l’importance stratégique du marché des applications. Mais comme tu le notes aussi, Nokia s’est déjà brûlé les ailes, bien avant le succès d’Apple, dans le domaine des applications mobiles. Il faut dire qu’Apple a sensiblement chamboulé le marché en proposant sa propre boutique. Jusqu’alors, chaque opérateur de téléphonie, dans chaque pays, proposait le sien, fermé, contrôlé, imposant ses commissions et ses opérations marketing.
Qu’adviendra-t-il des boutiques Android et consors ? Cela dépendra effectivement de la manière dont ils faciliteront le développement d’applications nombreuses et de qualité.
Posted on July 16, 2010 at 10:25 pm.
très bonne analyse de l’ensemble, cela montre à quel point l’enjeu d’intégrer la communauté des développeurs est devenu une obligation beaucoup plus qu’un choix.
Posted on January 7, 2012 at 1:58 pm.